{"id":326,"date":"2024-10-06T08:55:35","date_gmt":"2024-10-06T06:55:35","guid":{"rendered":"http:\/\/dieteticiennemariebehar.paris\/?page_id=326"},"modified":"2024-10-07T10:16:16","modified_gmt":"2024-10-07T08:16:16","slug":"maladie-de-crohn-rectocolite-hemorragique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/dieteticiennemariebehar.paris\/index.php\/maladie-de-crohn-rectocolite-hemorragique\/","title":{"rendered":"MICI: Maladie de Crohn et Rectocolite h\u00e9morragique"},"content":{"rendered":"<h2>Maladie de Crohn et rectocolite h\u00e9morragique<\/h2>\n<p>Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l\u2019Intestin (MICI) regroupent 2 entit\u00e9s : la <strong>maladie de Crohn<\/strong> (MC) et la <strong>rectocolite h\u00e9morragique<\/strong> (RCH). Ces deux entit\u00e9s se caract\u00e9risent par une inflammation de la paroi d\u2019une partie du tube digestif. Dans la maladie de Crohn, cette inflammation peut \u00eatre localis\u00e9e \u00e0 tous les niveaux du tube digestif, m\u00eame si c\u2019est au niveau de l\u2019intestin, avec une pr\u00e9dominance pour l\u2019il\u00e9on, qu\u2019on la retrouve le plus souvent. Dans la RCH elle est localis\u00e9e au niveau du rectum et du colon. Ces maladies \u00e9voluent par pouss\u00e9es inflammatoires de dur\u00e9e et de fr\u00e9quence variables selon les patients. Ces pouss\u00e9es alternent avec des phases de r\u00e9mission.<\/p>\n<h2>Etiologie des MICI<\/h2>\n<p>Les MICI sont d\u2019\u00e9tiologie inconnues, multifactorielles (environnement, g\u00e9n\u00e9tique et microbiote). Il s\u2019agit d\u2019une dysr\u00e9gulation de la r\u00e9ponse immunitaire muqueuse dirig\u00e9e contre des \u00e9l\u00e9ments de la flore intestinale, survenant chez des patients g\u00e9n\u00e9tiquement pr\u00e9dispos\u00e9s. Le tabac et l\u2019appendicectomie jouent un r\u00f4le protecteur dans la RCH, contrairement au tabac qui est un facteur de risque dans la MC.<\/p>\n<h2>Sympt\u00f4mes<\/h2>\n<p>Lors de pouss\u00e9es inflammatoires, les MICI se caract\u00e9risent le plus souvent par des douleurs abdominales, des diarrh\u00e9es (parfois sanglantes) ou encore une atteinte de la r\u00e9gion anale (fistule, abc\u00e8s). Ces signes cliniques peuvent s\u2019accompagner de fatigue, d\u2019anorexie et de fi\u00e8vre, voire de manifestations extra-intestinales (articulaires, cutan\u00e9es, oculaires, h\u00e9patiques).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution de la maladie peut entrainer le r\u00e9tr\u00e9cissement du segment intestinal atteint, puis une occlusion ou encore un abc\u00e8s conduisant \u00e0 la formation d\u2019une fistule.<\/p>\n<h2>Risque de carences<\/h2>\n<p>Les carences en vitamines et min\u00e9raux sont fr\u00e9quentes chez les patients atteints de MICI.<\/p>\n<h3><strong>Carence en fer<\/strong><\/h3>\n<p>La carence martiale est la premi\u00e8re cause d\u2019an\u00e9mie au cours des MICI. Sa pr\u00e9valence moyenne, calcul\u00e9e \u00e0 partir des \u00e9tudes disponibles dans la litt\u00e9rature est de 45%. Son origine est multifactorielle, elle peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 l\u2019inflammation ou une r\u00e9section intestinale, et \u00e0 une diminution des apports dans un contexte de pouss\u00e9e inflammatoire. Selon les recommandations de l\u2019ECCO de 2015, <strong>la suppl\u00e9mentation en fer est recommand\u00e9e chez tous les patients atteints de MICI qui ont une an\u00e9mie par carence martiale<\/strong>.<\/p>\n<h3><strong>Carence en vitamine D<\/strong><\/h3>\n<p>Une \u00e9tude a montr\u00e9 que 28% des patient atteints de MICI pr\u00e9sentaient une insuffisance en vitamine D et 32 % une carence. Il n\u2019est cependant pas clairement \u00e9tabli que la pr\u00e9valence de l\u2019insuffisance en vitamine D soit plus \u00e9lev\u00e9e dans les MICI que dans d\u2019autres pathologies chroniques. La carence en vitamine D est multifactorielle, elle peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 une exposition solaire insuffisante, \u00e0 la diminution des apports alimentaires accentu\u00e9e par des restrictions en produits laitiers, \u00e0 la malabsorption favoris\u00e9e par une atteinte ou une r\u00e9section intestinale de l\u2019il\u00e9on terminal. De part ses propri\u00e9t\u00e9s immunomodulatrices et son effet sur le microbiote, <strong>la suppl\u00e9mentation en vitamine D pourrait r\u00e9duire l\u2019inflammation par son action inhibitrice sur les cytokines inflammatoires<\/strong>.<\/p>\n<h3><strong>Carence en vitamine B12<\/strong><\/h3>\n<p>Pr\u00e8s de 16 % des patients atteints de MICI ont des taux s\u00e9riques bas de vitamine B12. La carence en B12 peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 une inflammation ou une r\u00e9section il\u00e9ale, \u00e0 des fistules ent\u00e9roent\u00e9riques, \u00e0 une pullulation bact\u00e9rienne, \u00e0 une r\u00e9duction des apports alimentaires, \u00e0 une augmentation des besoins ou \u00e0 une ent\u00e9ropathie exsudative. Le consensus europ\u00e9en de l\u2019ECCO publi\u00e9 en 2015 <strong>recommande le dosage s\u00e9rique de la vitamine B12 \u00e0 un rythme au minimum annuel.<\/strong><\/p>\n<h3><strong>Carence en vitamine B9<\/strong><\/h3>\n<p>Des taux bas de vitamines B9 ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s chez pr\u00e8s de 1\/3 des patients atteints de MICI. La carence en B9 peut \u00eatre cons\u00e9cutive \u00e0 un r\u00e9gime restrictif (pauvre en fibres), \u00e0 une malabsorption, \u00e0 une augmentation des besoins et en cas de traitement par m\u00e9thotrexate et sulfasalazine. Le consensus europ\u00e9en de l\u2019ECCO publi\u00e9 en 2015 <strong>recommande le dosage de la vitamine B9 \u00e0 un rythme au minimum annuel.<\/strong><\/p>\n<h3><strong>Carence en zinc<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9valuation du statut en zinc est difficile parce que les taux plasmatiques sont fluctuants et modifi\u00e9s par plusieurs facteurs, dont l\u2019inflammation. Une carence en zinc a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite chez pr\u00e8s de 15 % des patients atteints de MICI. La carence en zinc est plus fr\u00e9quente lorsque la MICI est active. Elle doit \u00eatre recherch\u00e9e en particulier devant des manifestations dermatologiques ou une fistule. <strong>En cas de carence en zinc, la suppl\u00e9mentation se fait g\u00e9n\u00e9ralement par voie orale, la voie injectable \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 certains cas s\u00e9v\u00e8res<\/strong><strong>.<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3><strong>Autres carences<\/strong><\/h3>\n<p>D\u2019autres carences ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es dans la litt\u00e9rature, notamment les carences en vitamine A, en vitamine K, en s\u00e9l\u00e9nium et en vitamine B1.<\/p>\n<h2>Alimentation et risque de survenue d&#8217;une MICI<\/h2>\n<p>Il est logique de penser que les MICI sont en partie li\u00e9es \u00e0 ce que nous mangeons et des <a href=\"https:\/\/www.espen.org\/files\/ESPEN-guideline_Clinical-nutrition-in-inflammatory-bowel-disease.pdf?msclkid=af95c48aba3911eca074c4aedad4f287\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques<\/a> ont montr\u00e9 qu\u2019une alimentation riche en fruits et l\u00e9gumes et en acides gras n-3 provenant des poissons est associ\u00e9e \u00e0 un risque plus faible de d\u00e9velopper une maladie de Crohn et une rectocolite h\u00e9morragique. A l\u2019inverse, une alimentation plus riche en viande rouge, en sucres, boissons sucr\u00e9es et<br \/>\nconfiseries et une consommation basse en l\u00e9gumes et l\u00e9gumineuses <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/ibdjournal\/article\/22\/2\/345\/4561775?msclkid=d89ea404ba3911ec8c5bda0887a4dc2e\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">augmente le risque de MICI<\/a>.<\/p>\n<h2>Faut-il suivre un r\u00e9gime lorsque l\u2019on est atteint d&#8217;une maladie de Crohn ou d&#8217;une rectocolite h\u00e9morragique?<\/h2>\n<p>Chez un malade atteint de MICI, en dehors de quelques situations particuli\u00e8res (st\u00e9nose intestinale par exemple),<strong> la survenue d\u2019une pouss\u00e9e n\u2019est pas li\u00e9e directement \u00e0 l\u2019alimentation<\/strong>. Lorsqu\u2019il existe une pouss\u00e9e inflammatoire s\u00e9v\u00e8re, on peut conseiller au patient de suivre un <a href=\"http:\/\/dieteticiennemariebehar.paris\/index.php\/regimes-anti-mici\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9gime sans r\u00e9sidu<\/a> pendant quelques jours afin de r\u00e9duire le nombre de selles et les<br \/>\ndouleurs abdominales. Il repose sur la suppression des aliments contenant des fibres tels que les fruits et les l\u00e9gumes qu\u2019ils soient crus ou cuits ainsi que les c\u00e9r\u00e9ales compl\u00e8tes et, de fa\u00e7on plus stricte, des produits laitiers si leur consommation amplifie les sympt\u00f4mes. D\u00e8s que la situation s\u2019am\u00e9liore, il faut les r\u00e9introduire progressivement.<\/p>\n<h2>Prise en charge nutritionnelle<\/h2>\n<p>Une \u00e9valuation de l\u2019\u00e9tat nutritionnel doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e pour chaque patient atteint de MICI. En cas de doute, un bilan nutritionnel plus complet r\u00e9alis\u00e9 par une di\u00e9t\u00e9ticienne, voire une recherche des carences nutritionnelles sp\u00e9cifiques les plus courantes doivent \u00eatre propos\u00e9es.<\/p>\n<p>En p\u00e9riode de r\u00e9mission, il est essentiel d\u2019\u00e9viter les erreurs de r\u00e9gimes, ainsi un r\u00e9gime sans sel (sauf cas particulier) est inutile au cours d\u2019une corticoth\u00e9rapie chez les patients jeunes. Le r\u00e9gime sans r\u00e9sidu a un int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique au cours des pouss\u00e9es inflammatoires et en cas de st\u00e9nose, mais il ne doit en aucun cas \u00eatre prolong\u00e9. Il est tr\u00e8s important d\u2019expliquer qu\u2019un <a href=\"http:\/\/dieteticiennemariebehar.paris\/index.php\/regimes-anti-mici\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9gime d\u2019exclusion<\/a> ne permet pas d\u2019\u00e9viter la survenue de pouss\u00e9es inflammatoires et qu\u2019une <strong>alimentation \u00e9quilibr\u00e9e est essentielle<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maladie de Crohn et rectocolite h\u00e9morragique Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l\u2019Intestin (MICI) regroupent 2 entit\u00e9s : la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite h\u00e9morragique (RCH). 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